ARCHIVES

De nombreuses anciennes photos, des articles de journaux, et des témoignages sont en train d’être collectés afin d’apparaître sur cette page prochainement.
Cette sauvegarde du souvenir nous permettra notamment de parcourir ce dernier siècle au contact de cette église et de ce, de celles et de ceux qui l’entourent.

Témoignages

Au centre d’un site exceptionnel par le panorama au milieu des vignes, au sommet d’une butte, une vielle dame veille, la chapelle de St Martin. Le cadre en lui-même c’est quelques chose d’unique. On peut rester des heures à contempler une vue spectaculaire des Corbières. Le cimetière juste à côté pour se recueillir ou pas, il a son charme entre ancien et moderne. Le site, apaise l’âme instantanément et la vue grâce aux vignes, cyprès, et pins méditerranéens. On peut y venir à pied et faire des ballades sympathiques.
L’APREG, avec l’aide précieuse d’artisans aux savoir-faire particuliers, a rendu son lustre à ce monument historique de plusieurs siècles et continue à veiller sur notre territoire de Gasparets commune de Boutenac dans l’Aude.
Anonyme

Je me souviens de l’enterrement de ma mère, un jour de mai 2018 que le ciel tamisait d’un doux voile nuageux, nous prévenant avec tendresse qu’une fine pluie viendrait ensuite envelopper notre émoi. Sur le haut de la butte de ce petit chemin goudronné qui descend vers l’église, le cortège s’était arrêté un instant. Face à nous s’élevait ce bel édifice, pour lequel ma mère avait fait sa dernière croisade, en créant l’association pour sa restauration. Dans un silence pesant, nous avons parcouru la dernière centaine de mètres pour rejoindre ces cyprès mythiques où nous attendaient une cinquantaine de sourires réconfortants et de gorges serrées. Quelques amis, cousins et cousines de Luc sur Orbieu s’étaient empressés de recouvrir de branches de genêts aux petites fleurs jaunes d’or les grilles de chantier qui entouraient la façade encore en travaux.
À l’intérieur de l’église, tout était comme avant. Les mêmes anciens bancs qu’à tous ces noëls, la même faible luminosité que pour les enterrements de papi, mamie, et tatie Mireille, la même acoustique que le jour où ma sœur m’avait accompagné au violon pour un morceau de clarinette, le même autel que lors de mon baptême en 1986… rien n’avait encore changé, à part mes sensations. Je ne m’étais jamais senti autant présent, autant là, autant prêt à être proche de ma mère.
Je n’oublierai jamais les premières notes de cette version de « Jardin d’hiver » de Stacey Kent qui résonnent encore au creux de ces pierres… Et puis sur un air de bandonéon, nous avons faits ces derniers pas jusqu’au cimetière pour un dernier au revoir, pour quelques mots jetés tout haut, et pour chanter pour elle un ultime « Se Canto ».
Maintenant, quand je suis ici, face à cette plaine immense, devant ce vieil amandier, je revois des visages, des sourires, de la compassion et de l’amour.
Bercé par le chant des cigales et d’un rossignol, c’est sa voix que le vent m’apporte et qui résonne en moi pour toujours.
Etienne

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